Au
début... Le plateau
des Franches-Montagnes, dont l'altitude varie de 900 à 1'200
m, possède un sous-sol calcaire fissuré et percé
de milliers de dolines, que l'on appelle ici emposieus et par lesquelles
s'écoulent la plupart des eaux de surfaces. Un tel terrain n'a
qu'un faible pouvoir de rétention et c'est la raison pour laquelle
il n'existe pas de sources ou de rivières à débit
constant.
Jusqu'en 1940, l'alimentation en eau potable des Franches-Montagnes
était très primitive, seules quelques communes étaient
dotées d'un réseau d'eau sous pression alimenté
par des sources. La principale ressource était constituée
par les citernes en maçonnerie de pierres sèches aux abords
des fermes et destinées à recueillir l'eau de pluie des
grands toits franc-montagnards.
Il va s'en dire que de telles installations laissaient à désirer,
tant au point de vue de la quantité que de la qualité,
mais les exigences de l'époque n'étaient pas celle d'aujourd'hui.
Les autorités, tout comme la population d'ailleurs, s'inquiétaient
déjà de cette situation et, dès 1921, différentes
solutions furent envisagées. Toutes prévoyaient de prélever
l'eau dans les vallées voisines. Différents avants-projets
furent élaborés, dès 1925, que nous rappelons :
• Source du Theusseret
• Sources d'Undervelier
• Sources des Moulins de Soubey Le
SEF est né... Après
bien des tractations, c'est la source du Theusseret qui fut choisie pour
l'élaboration de l'avant-projet de 1933. Comme la plupart des sources
du Jura, elle présente l'inconvénient de se troubler en
périodes de grandes pluies. En outre, il existe un réel
danger de contamination. En conséquence, il fallait prévoir
des installations pour traiter cette eau et la rendre propre à
la consommation.
En janvier 1935, le projet définitif était terminé
et le moment venu de le faire approuver par les autorités fédérales
et cantonales, ainsi que par les communes.
Le 11 octobre 1935, les autorités fédérales refusent
définitivement ce projet pour des raisons de défense nationale.
En revanche, ces mêmes autorités se déclarent prêtes
à participer à l'alimentation en eau des Franches-Montagnes
par une subvention de fr. 1'100'000.-, à condition que l'eau soit
captée dans la nappe de fond du vallon de St-Imier, en amont de
Cortébert.
L'assemblée constitutive du Syndicat pour l'alimentation des Franches-Montagnes
en eau potable (SEF), eut lieu le 23 mai 1936 à l'Hôtel de
Ville de Saignelégier. Le SEF était formé des 13
communes suivantes :
Le Bémont – Les Bois – La Chaux-des-Breuleux –
Les Enfers – La Ferrière – Les Genevez – Lajoux
– Montfaucon – Le Peuchapatte – Saignelégier
– Sonvilier – St-Brais et Tramelan.
De ces 13 communes membres, seules Montfaucon, Saignelégier, St-Brais
et Tramelan-Dessus possèdent déjà des prises d'eau
avec réservoir et un réseau d'eau sous pression. Le
SEF aujourd'hui L'alimentation
en eau du SEF couvre une surface de quelque 400 km2, répartis sur
2 cantons et 4 districts. Le réseau des conduites de transports
est supérieur à 100 km et alimente plus de 30 réservoirs.
Le SEF compte actuellement 27 communes-membres (15 jurassiennes et 12
bernoises) ainsi que 60 abonnés privés. L'eau est livrée
aux membres dans les réservoirs respectifs au prix de fr. 1.10
le m3. En moyenne, c'est 1'500'000 m3 qui sont pompés annuellement
à nos deux stations de pompage.
Le SEF est un syndicat inter-cantonal, selon les lois sur les communes
des cantons du Jura et de Berne. C'est une corporation de droit public
régit, principalement, par la loi sur les communes, la loi sur
l'utilisation des eaux ainsi que par son règlement d'organisation
et d'administration et son règlement du service des eaux. C'est
aussi une assemblée des délégués, organe suprême,
qui se compose d'un délégué par membre, un conseil
de direction de sept membres chargé de surveiller la gestion du
syndicat et qui représente équitablement les secteurs de
distribution, une commission de vérification des comptes et quatre
employés. Problèmes
actuels Les
principaux problèmes actuels
Au vu des lois et directives toujours plus "pointues", le problème
de la qualité est devenu le point principal à gérer.
Le SEF étant responsable de la livraison d'une eau de qualité
irréprochable jusqu'au réservoir, cette même responsabilité
incombe à chaque commune depuis le réservoir jusqu'au robinet
de l'abonné. Il est évident que pour une petite commune
ne disposant pas d'employé permanent, le problème est loin
d'être simple. Néanmoins, nous pouvons considérer
que les communes du SEF sont relativement privilégiées quant
aux problèmes de pollution, en regard de certains autres services
des eaux. Autre
point important à relever, le problème lié au fonds
de renouvellement des installations.
En effet, on parle rarement de tout ce qui est enterré, sauf peut-être
en cas de fuite ! Or, non seulement le service des eaux d'une commune
doit s'auto financer, mais en plus, il y a lieu de constituer un fonds
pour le renouvellement des installations. Le SEF applique la loi sur l'utilisation
des eaux du canton de Berne depuis son entrée en vigueur et le
fonds est alimenté de fr. 400'000.- par année. Le principe
est relativement simple. Des "durées de vie" ont été
estimées pour toutes les installations, par exemple : 80 ans pour
les conduites en fonte et les bâtiments, 40 ans pour les installations
intérieures (robinetterie, vannes, etc.), 25 ans pour les installations
de traitement, 10 ans pour les mesures, commandes, télé-action).
Il s'agit ensuite de connaître la longueur et les diamètres
du réseau, les installations de captage, de pompage et les réservoirs
et de calculer la valeur de remplacement, en tenant compte chaque année
de l'indice des prix à la construction. Ainsi chaque commune devrait
disposer des fonds nécessaires au remplacement de telle ou telle
installation en fonction de la "durée de vie" estimée
ci-dessus. Le
SEF demain... A
brève échéance, c'est la poursuite des renforcements
de réseau à effectuer, notamment entre Le Peuchapatte et
le réservoir des Bois, le remplacement du groupe de pompe HP I
à Cortébert (60 ans !), et, naturellement la poursuite du
projet d'un 3e point d'alimentation en eau. Ce dernier doit nous permettre
de garantir une livraison d'eau encore plus sûre à nos abonnés,
tant du point de vue quantitatif que qualitatif. En effet, avec une liaison
aux points stratégiques de notre réseau, tous les secteurs
du SEF pourront être alimentés par n'importe quelle station.
Nous étudions actuellement les sites du SESTER (Tavannes) et du
GRASE (Sonvilier). Ainsi,
notre syndicat met-il tout en œuvre pour aborder le 3e millénaire
avec confiance.
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